La gestalt-thérapie

C’est une thérapie de la relation qui se développe en France depuis plusieurs décennies.

Voici quelques éléments de réponse à des questions souvent formulées :
Que signifie le mot « gestalt »?
D’où vient cette thérapie?
Que dit-elle?

Vous avez dit « gestalt »?

Gestalt signifie forme, apparence, silhouette. C’est un nom allemand parce que Fritz et Laura Perls étaient Allemands d’origine. Ils se sont expatriés en Afrique du Sud pour échapper au nazisme puis ont gagné les USA après la guerre. Laura Perls était formée en gestalt-théorie, un courant plus ancien de la psychologie, et ils ont conservé cette référence.

D’où vient la gestalt-thérapie?

C’est une thérapie humaniste existentielle créée aux USA dans les années 50 par

Frédérick Perls, médecin psychiatre et psychanalyste
Laura Perls, sa femme, psychologue formée en Gestalt-théorie
Paul Goodman, brillant universitaire et homme de lettres

Ils publient en 1951 l’ouvrage fondateur Gestalt Therapy, Excitation and Growth in the Human Personnality (traduit en français par JM Robine sous le titre Gestalt thérapie, Nouveauté, excitation et développement, aux éditions L’exprimerie).

Leur recherche développe ensuite à la fois des techniques thérapeutiques, et une théorie qui met l’accent sur l’interaction entre l’organisme et son environnement. Ils affirment l’idée que c’est en portant l’attention sur ce qui se passe entre le patient et le thérapeute que le changement peut se produire. Il s’agit de mettre de la conscience sur la manière d’être en relation.

La gestalt-thérapie s’inspire de divers courants:
– la psychanalyse
– la phénoménologie
– la Gestalt-théorie, elle-même descendante de la phénoménologie
– les travaux de Reich, qui mènent à la bio-énergie
– les sagesses orientales, notamment la méditation zen

En France, la gestalt-thérapie se développe depuis les années 1970. Une quinzaine d’écoles et instituts privés forment les gestalt-thérapeutes. Ils se sont rassemblés dans plusieurs organismes.

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Ce que dit la gestalt-thérapie

Je ne prétends pas ici exposer en détail la théorie gestaltiste, je vais plutôt mettre l’accent sur les idées qui m’ont le plus marquée.

Nous sommes des êtres de relation

L’humain se développe dans l’interaction avec son environnement. Nous sommes façonnés par notre rapport avec les autres, avec les groupes auxquels nous appartenons : famille, société, etc.

Nos manières de vivre en groupe sont souvent conditionnées par la façon dont nous avons pu nous faire une place dans notre premier groupe, la famille.

Les souffrances que nous traversons sont liées à notre rapport à ce qui nous entoure.

Travailler sur la relation nous permet de changer notre manière d’être au monde.

Nous cherchons tous à grandir

Le développement psychique dure toute la vie dans une alternance entre des phases d’expansion vécues comme des moments de croissance et des phases de repli senties comme stagnation ou régression. La souffrance est inévitable mais la tendance est à la croissance si l’environnement est favorable. On peut faire confiance à ce processus d’ouverture.

Nous ne sommes pas des îles

Ce qui arrive à une personne, ce qu’elle fait et ressent, n’appartient pas qu’à elle seule mais est lié aussi à son environnement et dépend en partie de lui. De même nous influençons sans cesse notre environnement. C’est le concept de champ.

Ainsi la relation est vue comme une co-création : je ne suis pas seul responsable de ce qui se passe, ça se fait ensemble.

La thérapie ne s’intéressera pas au seul patient (posture intrapsychique propre à d’autres courants de thérapie) mais aux formes de l’interaction avec l’autre.

Vivre pleinement, c’est être présent ici et maintenant dans le contact avec l’autre et avec soi

C’est au présent que nous existons, que nous sommes heureux ou malheureux. C’est aussi dans l’ici et maintenant de la rencontre entre thérapeute et patient que peut se développer la conscience des formes du contact.

Bien sûr, des souvenirs peuvent surgir à certains moments, des blessures anciennes sont revécues et mises à distance, mais l’attention n’est pas d’abord portée sur le passé. Plutôt que de poser la question « Pourquoi suis-je comme ça ? » la gestalt-thérapie s’intéresse au comment. Comment est-ce que nous nous y prenons pour entrer en contact? Cela permet de voir ce qui empêche d’être complètement présent dans la relation.

Nous avons besoin de nouveauté, de changement.

Chacun de nous s’est créé depuis l’enfance certains types de comportements pour interagir avec les autres, en cherchant amour et reconnaissance et en essayant de se protéger dans les moments douloureux. Ces mécanismes, ces modalités de contact peuvent devenir au fil du temps figés, gênants, encombrants, et parasiter les relations, sans qu’il soit facile ni même parfois possible de faire autrement. La relation avec l’autre peut devenir extrêmement douloureuse, par exemple dans le couple. La thérapie permet de retrouver notre capacité de faire du nouveau, de nous ajuster au flux de la vie.

Ce qui permet le changement, c’est la conscience

Mettre de la conscience sur sa manière d’être en relation, l’observer sans jugement, avec une curiosité bienveillante, permet de retrouver souplesse et créativité et d’aller vers de la nouveauté. Il ne s’agit pas de chercher comment changer, mais plutôt de devenir capable d’accueillir ce qui est, d’être en conscience avec ce qui est là dans l’instant de la rencontre.

« Le changement apparaît lorsqu’un sujet devient ce qu’il est et non lorsqu’il essaie de devenir ce qu’il n’est pas » écrit le gestalt-thérapeute américain Arnold Beisser dans son article intitulé La théorie paradoxale du changement (1983). Pour pouvoir devenir ce que je suis, il faut d’abord que je prenne conscience de ce qui fait mon être-là.

L’espace thérapeutique est un laboratoire

Dans ce cadre protégé, il est possible de tenter des expériences nouvelles, d’oser être davantage soi-même avec l’autre. C’est un soutien pour essayer d’exister autrement ailleurs avec d’autres.

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